Revenir à l’écriture

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours ouvert des espaces pour écrire.

À l’époque, ça s’appelait un skyblog. J’y parlais de mode japonaise, de silhouettes que personne autour de moi ne comprenait vraiment, de séries coréennes et japonaises avant qu’elles ne deviennent des catégories. J’écrivais sans stratégie, sans calendrier éditorial, simplement parce que certaines images me poursuivaient et qu’il fallait bien les déposer quelque part.

J’ai toujours aimé regarder un peu avant les autres.

Puis il y a eu un autre blog. Plus construit. Plus analytique.
J’y parlais d’architecture, de mode, de beauté, de style. Je m’intéressais aux lignes, aux matières, aux campagnes, à la manière dont une époque se raconte à travers ce qu’elle porte et ce qu’elle construit.

Et puis, j’ai arrêté.

Pas parce que je n’avais plus rien à dire.
Mais parce que la vie devient plus rapide, que les écrans prennent plus de place que les pages blanches, et qu’on finit par confondre regarder et scroller.

Avec le temps, je me suis rendue compte que j’avais mis de côté ce qui me structurait le plus : écrire, lire, observer. À force de consommer des images, j’avais oublié le plaisir d’en produire une avec des mots.

Alors j’ai recommencé à acheter des carnets.

Des carnets où l’on met tout :
des envies d’objets, des notes sur un bâtiment, une marque, une tendance qui revient sans prévenir. Des listes de choses que je voudrais porter, lire, visiter. Des impressions qui, sur le moment, paraissent minuscules et qui, mises bout à bout, racontent quelque chose de plus grand.

Un notebook, ce n’est pas un journal intime.
Ce n’est pas non plus un planner.
C’est un espace où tout cohabite.

The Blue Notebook est né de cette envie-là : retrouver un endroit où je peux commencer par une sensation, une tendance mode, un bâtiment, un produit beauté, un lieu visité, et élargir le cadre. Parce que très souvent, ce qui semble personnel raconte quelque chose de collectif.

Il y sera question de mode, d’architecture, de beauté, de lifestyle, de voyages et des lieux qui laissent une trace. Des choses que j’ai vues, portées, retenues. Des détails qui, mis bout à bout, dessinent une époque.

Je ne sais pas exactement ce que ce carnet deviendra.
Je sais seulement que cette fois, je veux écrire autrement.
Plus lentement.
Plus précisément.

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